15.01.2007
Retour sur les crèches
Que de réactions à mon mot très général sur les crèches comparées aux autres modes de garde !
Crèche à la maison
Merci et surtout bravo à Hélène pour son initiative de crèche à la maison : si l'idéal existe dans le domaine, peut-être l'atteindra-t-elle, en tous cas j'attends avec impatience d'être la première journaliste à faire un reportage sur cette nouvelle structure, qui semble cumuler tous les avantages des crèches, de la nounou et de la garde à domicile. Reste à évoquer le prix : les subventions permettent-elles de mettre ce système au niveau des crèches associatives ou parentales, c'est-à-dire en bas de la fourchette de prix ?
Cela me semble dans la lignée des crèches parentales, qui se développent énormément surtout dans certains quartiers parisiens, assez "bobos".
Les ass'mat dans les quartiers popu ou les HLM
Sur mon dernier message, je regrette de m'être sentie obligée d'avancer une préconisation, comme le dit A-C, les aides existent déjà pour les assistantes maternelles. On peut en revancher déplorer une répartition très inégale sur le territoire. En effet, les assistantes maternelles doivent avoir un appartement relativement grand pour recevoir les enfants, or c'les logements inabordable pour ces personnes aux revenus modestes dans les grandes villes. Souvent donc on retrouve les assistantes maternelles dans les logements sociaux, et les quartiers huppés en sont assez dépourvus. Un profil fréquent d'assistante maternelle - c'est le cas de la mienne- est celui d'une femme qui a élevé ses enfants et ensuite a la vocation d'en élever d'autres lorsque les siens sont grands. Elle garde d'ailleurs une chambre libre lorsque l'aîné est parti pour en faire la chambre des tout-petits.
Pléthore à la Goutte d'Or
Habitant à la Goutte d'Or, dans le 18°, quartier où les logements sociaux sont majoritaires, j'ai la chance d'avoir le choix entre de nombreuses assistantes maternelles. Mais à trois cents mètres de là, dans le 9°, quartier assez bourgeois, ou sur la butte Montmartre, on n'en trouve pas une seule. Du coup, les habitants de ces deux quartiers viennent tous confier leurs enfants aux nounous de la Goutte dOr.
Microbes
Pour ce qui est des microbes, je voudrais répondre à Kiki. Sa remarque est classique : que le petit soit malade avant la maternelle, il aura moins de microbes par la suite ... oui mais non car, d'après ma pédiatre, il existe des virus que l'on attrappe avant un an et plus ensuite et surtout plus on est petit plus on a du mal à se battre. Par exemple, la fameuse bronchiolite nécessite une hospitalisation pour un enfant qui l'attrappe à moins de quatre moins, alors autant l'éviter...
Le must
Enfin, pour moi les mini-crèches associatives ou parentales ou familiales sont le must, car on a ce contact avec les professionnels dont on est un peu frustrés dans le cas de la nounou, le prix est avantageux grâce aux aides et la souplesse des horaires est de toute façon plsu grande que dans la crèche municipale.
08.01.2007
La crèche n'est pas la panacée
J'ai longtemps pensé, comme toute jeune maman active et urbaine, que mettre mon petiot à la crèche était le nec plus ultra. Dès le sixième mois de grossesse, je me suis donc empressée de préinscrire ma future progéniture sur les listes d'attentes municipales et me suis ensuite démenée pour démontrer ma motivation aux services de la petite enfance de mon arrondissement. Rendez-vous avec les directrices de crèches, courriers à l'adjoint à la petite enfance, je n'ai pas lésiné.
Et puis, le petit bout pointa son nez, et je regardai d'un oeil différent les différents modes de garde. De préféré entre tous, la crèche est devenue le dernier de mes choix.
Les microbes
D'abord, tous les pédiatres et psychologues le disent, un bébé de moins d'un an a besoin d'affection et de repères, ce que ne lui donne pas forcément la crèche, où le personnel est trop peu nombreux (une personne pour 5 enfants) et changeant. La "socialisation" de l'enfant, mise en avant, par de nombreux parents, comme l'un des principaux bienfaits des crèches , n'est pas une notion que l'on peut appliquer à un tout petit.
Un rapide sondage auprès de mes amies dont les bébés sont en crèche a été sans appel : ils se chopent toutes les épidémies qui trainent - et elles sont nombreuses : bronchiolite (la pire d'entre toutes, qui vaut hospitalisation à tout moins de trois mois qui en est atteint), gastro-entérite, oreillons et autres varicelles ...
Les horaires
Autre objection, et pas la moindre, les horaires des crèches semblent convenir uniquement aux enfants de profs ou d'employés de bureau aux horaires fixes mais pas du tout aux cadres ou aux salariés aux horaires décalés. Les établissements municipaux ferment - sauf quelques expérimentations qui sont l'exception- autour de 18h. En région parisienne, cela veut souvent dire un départ du bureau vers 17h, ou bien l'embauche d'une baby-sitter pour assurer la transition jusqu'au retour des parents.
Le prix
Enfin, le prix n'est pas des plus avantageux. Si l'on ajoute le prix de la crèche (proportionnel au revenu des parents et en général 10% des revenus du ménage) à une ou deux heures de baby-sitting, le coût total de ce mode de garde est égal, voire supérieur aux autres. En effet, l'embauche d'une nounou, que ce soit assistante maternelle agréée (qui garde les enfants chez elle) ou garde au domicile des parents, est plus cher à la base, mais les déductions d'impôts sont importantes et pour les ménages qui en paient beaucoup, cela peut devenir au final moins cher que la crèche.
Le développement des aides pour les gardes à domicile ou l'emploi d'une assistante maternelle semble donc aussi prioritaire que la création de crèches municipales. On le dit trop peu
Sophie Caillat
05.09.2006
épilogue 2
A voir le nouvel appartement dans lequel nous sommes installés, beaucoup font la remarque : "finalement, cette histoire de vente à la découpe, ça c'est très bien fini, vous avez vraiment gagné au change !"
C'est sûr que quitte à partir avec des indemnités, autant les investir dans le bien-être qui rattrapera ces mois désagréables, et quitte à ne pas pouvoir s'acheter un bel appart, autant s'en louer un qui nous plaise vraiment.
Mais je ne veux pas pour autant que certains se disent : "quelle bonne affaire d'être découpé, le locataire s'en sort forcément gagnant". Quelques précisions s'imposent donc : si la somme que nous avons empoché peut paraître importante, elle n'est qu'une goutte d'eau par rapport au bénéfice que va rapporter cette opération au découpeur. Je l'ai estimé à 1% de sa plus value globale. Mettons qu'il parvienne à mettre dehors tous les locataires, avec des indemnités variant de 3 à 20 000 euros, il lui en coûtera au total autour de 10 à 15% de sa plus-value. Mais le gateau à se partager entre associés dépassera encore le million d'euros, et très largement.
S'il avait respecté la loi, le découpeur aurait dû nous proposer d'acheter notre appartement en priorité. Nous aurions alors pu négocier une baisse de son prix de vente estimée par les spécialistes à 20%, ce qui nous aurait fait gagner sur la vente le double des indemnités avec lesquelles nous sommes partis.
De plus, si nous avions refusé l'achat mais étions restés jusqu'à la fin de notre bail, soit encore deux ans, il aurait pu vendre l'appartement occupé mais avec une décôte liée au fait qu'il ne soit pas libre immédiatement et que son loyer ne puisse être révisé. Cette décôte peut elle aussi aller jusqu'à 20% de la valeur du bien, surtout si nous avions mis de la mauvaise volonté à autoriser les visites et si nous étions devenus procéduriers sur les modalités de la vente.
Enfin, ce n'est pas nouveau mais "le temps c'est de l'argent", et lorsqu'on emprunte des millions d'euros à la banque, les intérêts font vite monter la facture. Chaque mois qui rapproche de la vente d'un lot et donc de la diminution des encours bancaires est une promesse d'économies.
Donc en partant vite, nous lui permettons de vendre vite et sans encombre, au prix qu'il veut c'est à dire au plus haut. Cela n'est finalement pas cher payé. Alors on peut toujours se dire qu'on aurait obtenu le double, le triple si l'on avait décidé de l'emmerder jusqu'au bout, mais là je dois avouer que mes élans de passionaria de l'immobilier ont trouvé leurs limites. Je n'avais pas envie de mettre un enfant au monde dans ce contexte là. "C'est vous qui connaissez le prix de votre tranquilité", m'avait toujours prévenue le délégué de la CNL. Qui aurait bien aimé que l'on pousse la lutte un peu plus loin.
Sophie Caillat
20:15 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.08.2006
Epilogue
Ma plus grande joie dans tout cela, mon vrai soulagement, était de me dire que j’empocherai le chèque du découpeur sans même le revoir. Le jour où je rendrai les clés au gestionnaire de l’immeuble, il me donnera le chèque en échange, pas d’état des lieux ou de phrases pénibles à écouter de la part du « marchand de biens super sympa » qu’il prétend être depuis le départ.
eulement, c’était trop beau. Un matin de congé maternité, j’émergeais doucement du sommeil après m’être enfilée quelques tartines dont le nutella restait visible au coin de mes lèvres. 8h15, la sonnette retentit. Ca ne peut être que mon chéri qui a encore oublié ses clés. J’ouvre, nue sous mon peignoir de bain et là, stupeur : le tourniquet, tout sourire dans son nouveau costume à rayures qui fleure bon le gentil représentant de commerce, les cheveux bien en ordre, pas du tout gêné de me surprendre dans cette tenue. « J’ai signé le document », me dit-il simplement. Veillant bien à laisser le moins de visibilité possible, je lui réponds : « très bien, au revoir », et lui claque la porte au nez. Ultime « coup » de culot, décidément, il ose tout, même sonner chez les gens à des heures pareilles sans même se présenter !
Je suis restée un long moment assise, à tenter de comprendre un tel geste, à me remettre de la poussée allergique qu’il venait de m'infliger une ultime fois. Promis, je n'aurai plus à subir son faux sourire.
Sophie Caillat
15:45 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Enfin, ça bouge (début août)
Le 31 juillet, un joli mot multicolore est affiché à chaque étage : « attention peinture fraîche » est-il écrit. On regarde de près, rien n’a changé, les murs sont toujours aussi secs et délabrés. A lire en-dessous, en plus petit : « début des travaux semaine 31 ». Mais moi je n’ai aucune idée de quel numéro de semaine on peut bien être… j’en déduis juste que c’est pour bientôt. Et effectivement, le lendemain, j’entends racler juste derrière ma porte d’entrée. L’impression que quelqu’un trifouille la serrure et va bientôt se trouver face à moi. L’impression aussi que les murs nous séparant de l’escalier sont de plus en plus fins et que si ça continue, je vivrai dans l’escalier…En sortant, j’inspecte l’ampleur du chantier : un pauvre type, avec vaguement un bob sur la tête, muni d’un instrument ressemblant de très près à une pelle à tarte, racle tout doucement les murs. Derrière, il découvre des murs qui s’effritent et rapidement du bois. Il met de la poussière partout sans que ce soit plus impressionnant que cela.
Il était décidément temps de déguerpir, car coincée à la maison une bonne partie du temps, il devenait difficilement supportable d’attendre un enfant entre la raclette et les échafaudages de la cour qui ne vont pas tarder à commencer, sans parler des visites des acheteurs potentiels.
Ainsi, nous avons décidé d’accepter la dernière offre du tourniquet et de se réfugier dans un coin plus calme en attendant bébé. Non sans avoir essayé de négocier plus, nous avons obtenu finalement l’équivalent d’une grosse année de loyer en indemnités de libération. « Des pourboires », me lance la CNL. C’est sûr que cette somme ne représente au plus qu’un cinquième de la plus-value que le découpeur réalisera sur la vente de nos appartement. C’est sûr que j’aurais pu me battre pour empêcher chaque vente, prendre un avocat et bloquer son manège et le mettre vraiment dans l’embarras. Je me dis qu’il se débarrasse à bon compte des emmerdeurs du siècle et qu’il aura les mains libres pour ses magouilles.
Pour autant, je préfère considérer que ce n’est pas une capitulation en rase campagne, mais le prix de notre tranquillité et, vous l’aurez compris, elle a franchement été mise à mal ces derniers mois. Maintenant, on pourra toujours dire qu'il a gagné, que son harcèlement a payé et qu'il va pouvoir empocher les plus-values tranquillement. Moi je pense qu'il ne l'emportera pas au paradis, d'abord parce que tout le ptit milieu est au courant, mairie, associations.... et, en lien avec eux, je continuerai à vous soutenir mes voisins qui sont prêts à se battre pour le respect de leurs droits de locataires et à vous tenir informés des développements de ce feuilleton. Promis.
Sophie Caillat
15:34 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Le quotidien sous pression (début juillet)
Quelques jours après, comme pour continuer de nous intimider, ou pour se conformer à un devoir minimum d’information, il appose un mot sur les portes d’entrée des deux bâtiments. « Information à l’attention des locataires: ‘travaux de réfection et d’embellissement des halls et des cages d’escalier’. Ces travaux, autorisés en assemblée générale, concernent la réfection des peintures sur les murs, boiseries et métaux, le remplacement des boîtes à lettres ainsi que le ponçage et la vitrification des escaliers (…) seront engagés à compter du 10 juillet . Nous vous remercions par avance de bien vouloir réserver le meilleur accueil aux entreprises intervenantes». Première surprise : la correction de cette lettre, qui souffre le minimum de mise en page sur word, ne comporte aucune faute d’orthographe, et cite même des éléments juridiques. Et puis, si c’est plus beau, c’est pour notre plus grand plaisir, hein ?
Sauf que… le premier ouvrier est arrivé dans l’immeuble le 1er août. Cela ressemblait donc à un coup de bluff destiné à ce que l’on ait le sentiment d’habiter dans un couloir de métro décrépi. Ce sentiment revient quasiment chaque matin. Un jour c’est un camion de déménagement qui est stationné devant la porte, un autre un camion de chantier qui laisse penser que, ça y est, on va commencer à vivre dans la poussière… et finalement non c’était pour un autre immeuble. Plus bizarre encore, un soir on aperçoit un appartement, normalement vidé de sa locataire, éclairé à la lampe de poche … pourquoi y a-t-il quelqu’un alors que le découpeur a fait partir la locataire précédente avec des indemnités dans le but de le vendre ? Le lendemain, mes soupçons se confirment : de nouveaux occupants sont arrivés, alors même que l’immeuble ne fait que se vider. Je m’interroge : soit ce sont de nouveaux locataires, mais alors pourquoi avoir payé si cher pour libérer l’appartement? Soit le logement était déjà vendu avant que la précédente locataire ne parte et alors c’est grave que nous ne soyons même pas au courant …
A force, il faut l’avouer, on devient paranoïaque. Chaque fois qu’il se passe quelque chose d’anormal -et il s’en passe !- j’ai l’impression que c’est un nouveau moyen de nous impressionner. Un dimanche, je croise une jeune fille qui louait une ex-loge de concierge d’à peine 20 m2 au rez-de-chaussée. Elle me montre l’état de son intérieur : des murs gorgés d’humidité et qui s’effritent de partout. C’est pour cela qu’elle part de sa propre initiative, donc sans un sou. Sans parler de son unique fenêtre – à barreaux- avec vue plongeante sur les poubelles. Celle qui contient le verre, placée au plus près de son lit, a dû lui gâcher plus d’une grasse mâtinée.
Un autre dimanche, c’est l’occupant de la seconde loge de concierge qui plie bagage. Lui a eu plus de chance car il a touché des petites indemnités. Il semblait très content, malgré quelques déconvenues. Tourniquet avait promis de le reloger, il lui avait trouvé un studio mieux que son ancien et au même prix. Le jour où il va pour signer le contrat, le loueur, qui est un ami de notre découpeur, a changé d’avis et lui réclame des frais d’agence. Tout le plan tombe à l’eau et le jeune a du rester un peu plus longtemps rue du Delta en attendant de trouver par ses propres moyens un nouveau toit. Ah les amis du tourniquet, on s’en méfiera la prochaine fois…
S.C.
15:23 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Stratégies d’évitement
« Les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît », disai-je (Les tontons flingueurs, Jacques Audiard). Et bien lui ce doit en être un grand car pour oser, il ose. Alors qu’il n’a pas encore reçu notre lettre, je reçois un coup de fil sur mon portable. Il fait monter la pression en nous mettant sur le dos la société qui « commercialise » notre appartement. Comprendre: nous ne sommes plus chez nous mais dans un « produit » qui peut intéresser les investisseurs comme les particuliers et qui peut se reluquer à tout instant.« Allo, c’est M. Machin, de la société UFG, je vous appelle de la part de M. Tourniquet pour les visites de votre appartement ». Interloquée, je profite d’avoir répondu avec une voix très basse parce que j’étais dans un magasin pour lui rétorquer, du tacotac : « je ne peux pas vous parler, rappelez moi plus tard », puis je raccroche illico.
Le lendemain, alors que j’ai enregistré le numéro du découpeur et celui du commercial dans mon portable afin d’éviter de décrocher s’ils m’appellent, voilà que le tourniquet m’appelle d’un nouveau portable, inconnu cette fois. Lui, toujours avec sa voix de mec faussement sympathique : « est-ce qu’il est possible de parler à Mme Caillat ? ». Moi : « non, elle n’est pas là, rappelez la semaine prochaine ». Ce couillon, j’ai réussi à lui faire croire que quelqu’un d’autre que moi (ma secrétaire ?) répondait à mon portable.
Il fourbit ses armes et le lundi suivant tente de m’appeler sur mon portable depuis le sien. Je reconnais le numéro et ne réponds pas, quand, dix secondes plus tard, ma ligne fixe de bureau sonne à son tour. Je réponds aussitôt, c’est lui. Je suis si surprise que je ne lui demande pas comment il s’est procuré ce numéro, mais jusqu’à aujourd’hui je m’interroge. Il n’a pu passer par le standard de 20 minutes car on m’aurait prévenue. Il ne connaît personne à qui je l’aurais donné… Je ne vois qu’une réponse possible : il a du embaucher un « privé ». Je lui dis que j’attends ses propositions par écrit pour une offre d’achat, et que je n’ai rien à lui dire de plus. Lui tente de m’arracher deux mots sur ma stratégie, histoire de voir ce que je cherche à obtenir, me ressort son même argument : c’est une copropriété… et alors ? Enfin, il me précise qu’il n’a pas l’intention de répondre par écrit.« Je vous conseille de vous munir d’un avocat », conclut-il, à court d’arguments. Laissons pisser....
S.C.
12:22 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Ultime réunion de comploteurs
La stratégie mise au point, nous accordons nos violons et nous voyons pour cosigner la lettre recommandée demandant le rétablissement de nos droits, l’autre délégué et moi. On vide une bouteille de rouge ensemble le temps d’une soirée bien sympa, on se crée des solidarités dont on sait parfaitement qu’elles sont conjoncturelles. Installé dans notre canapé, celui qui vit depuis deux ans à dix mètres de chez nous est, oh surprise, un amateur de rock. Mieux, il connaît le fanzine le plus déjanté de la place de Paris, que lui achète dans un bar musical dénommé le Planète Mars. A 20 minutes, il nous est fourni encore tout chaud par son rédacteur en chef; qui s’affuble du surnom« le maître du monde », j’ai nommé Brachao. L’occasion de faire de la pub pour ce magazine sans équivalent : www.target-magazine.com
Le mot d’ordre est donné en ce début juillet: ne plus bouger, laisser le découpeur revenir vers nous avec des propositions. Il propose, on disposera.Mais comme me le rappelle mon voisin G, qui décidément a les mêmes références que moi : « les cons, ça ose tout, c’est même à ça qu’on les reconnaît » (Les tontons flingueurs, immense film de Jacques Audiard). On s’attend donc à tout…
S.C.12:12 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
25.07.2006
La mairie pourrait s’en mêler
Je sécurise encore notre action en prévenant par mail la mairie de Paris et la mairie du 9° où j’ai des contacts en tant que journaliste. Partout les élus me remercient de les avoir alertés. « Chaque vente est un cas particulier, me précise un membre du cabinet de Jean-Luc Mano, l’adjoint au logement auprès de Delanoë. Mais sa technique de négocier avec chacun individuellement et par oral est un grand classique ».
Contrairement à ce que conseille le DAL, je sais que la ville n’achète que très rarement dans le cadre de la copropriété. Les frais de gestion sont énormes car il faut siéger à chaque conseil syndical pour quelques appartements seulement. « Cela peut arriver pour des adresses très symboliques seulement », cède-t-il.
Mais le lendemain, voilà le maire du 9°, Jacques Bravo en personne, qui m’appelle carrément sur mon portable. Il s’est muni du dossier et vient m’apporter des réponses : « J’ai effectivement été saisi pour avis fin mars sur la vente de 55 lots en copropriété, totalisant 29 logements et 1050 m2. Le logement moyen est à 30 m2 ». Le maire se sent obligé de s’excuser des limites de son action et de m’exposer à moi électrice sa politique : « J’achète des logements en priorité lorsqu’il est possible d’y installer une crèche, et toujours sous contrainte budgétaire. Là, ce qui m’a effrayé, ce n’était pas tant le prix que la complexité de cet immeuble : beaucoup de petits logements, beaucoup de baux sur six ans », ce qui signifie une impossibilité d’y caser rapidement des demandeurs de logements sociaux (au nombre de 2300 dans le 9°).
Malgré tout, le maire témoigne de toute sa solidarité et il est convenu qu’il me tienne au courant chaque fois qu’un des lots sera mis en vente. Puisqu’il ne peut agir, au moins peut-il« réagir » comme il se propose de le faire et nous « alerter » pour par exemple lorsqu'un des logements est vendu à l'insu de son occupent. Le maire a alors la possibilité de faire traîner en longueur les procédures.
Sophie Caillat
22:56 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La fête des voisins (mardi 27 juin)
La très convenue fête des voisins, où l’on trinque avec ceux que l’on maudit le reste de l’année pour les nuisances sonores qu’ils nous causent, est passée, on peut organiser la notre à notre façon : tous debout dans la cour, sans rien à boire mais avec un but commun, ne pas se laisser emberlificoter par celui qui pollue nos vies depuis plus d’un mois.
Le délégué de la CNL est ponctuel, il a revêtu sa veste de costume pour faire bonne impression à ceux qui pourraient craindre qu’il soit venu leur vendre ses salades.
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Les voisins sont tous là aussi. Des petites filles qui auraient l’âge de jouer ensemble se découvrent pour la première fois, des gens que juste une cloison sépare depuis des années s’envisagent soudain. M. le délégué fait œuvre de pédagogie, il n’est là que pour décrypter la stratégie du tourniquet, après, les soucis de chacun se régleront au cas par cas. Avec son doux accent espagnol, il emploie toutes les métaphores possibles : « Nous allons freiner son manège au tourniquet. Le but n’est pas d’aller en justice mais de lui faire perdre du temps et donc de l’argent. Sa stratégie est de commencer par ‘secouer le cocotier’ et de voir combien de noix de coco tombent. Il a pu facilement mettre à la porte certains d’entre vous, mais on va l’empêcher de continuer. Sa priorité n’est pas de vendre mais de vider car il espère sans doute réunir plusieurs appartements et céder des plateaux entiers. Pour vous décourager, il commence par vous faire croire que vous habitez dans un couloir de métro, mais il ne faut pas se laisser impressionner. Il y a des années, quelqu’un qui habitait une chambre de bonne est partie avec plus de 200 000 francs d’indemnités simplement parce que ce locataire récalcitrant bloquait le projet de construction d’un ascenseur auquel le propriétaire tenait absolument ».
Chacun expose sa situation particulière, et le délégué ajoute qu’à la fin du bail, si nos revenus sont inférieurs à 80% du plafond de ressources exigibles pour le PLI c’est-à-dire le logement intermédiaire (exemple : 32.269€ de revenu annuel pour une personne seule, 48.226€ pour 2 personnes), il ne peut mettre fin à notre bail sans nous proposer un relogement. De quoi tranquilliser ceux dont l’échéance approche car, inutile de le préciser, tout le monde ici est en dessous de ces plafonds. Autre effet inattendu de cette entrevue: cela permet à chacun de savoir ce que le découpeur dit aux autres, ou nous fait dire derrière notre dos. Ainsi, J. nous dit : « Il paraît que mes voisins veulent acheter mon appartement ». Je me tourne vers sa voisine en question et il ne faut pas deux secondes pour qu’elle réponde : « mais pas du tout ! ». Un autre, qui semble être le plus ancien locataire après la vieille dame explique qu’il lui a proposé 18000 euros pour partir, en précisant bien que « la retraite au bled » c’était bien mérité. On dirait Sarkozy et ses aides au retour, comme si on pouvait forcer le destin des gens avec de telles sommes. On comprend tous que ces victoires ne s’obtiendront que si l’on est patients et travailleurs, qu’il faut être prêt à consacrer du temps à des démarches pénibles et méticuleuses. Et c’est là où le déroulé de notre roman va se compliquer.
Pour commencer, nous désignons deux délégués de l’amicale de locataires, moi et G., celui qui a l’air le plus motivé par l’aventure.
S. C.
22:54 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Encore et toujours recouper ses informations
La vente à la découpe est tout un univers. Ces fonds de pension américains désormais connus sur la place de Paris pour acheter en gros et revendre par morceaux après avoir mis tout le monde dehors. Leurs bras armés en France, de petits marchands de biens qui pensent faire de l’argent facile. Les assureurs qui, à la faveur d’un marché immobilier florissant, se séparent d’immeubles entiers. Et puis il y a tous les résistants qui se sont rapidement reconnus et forment réseau.
Les grandes associations comme le Droit au Logement (http://www.globenet.org/dal/), L’Agence Départementale d’Information sur le Logement (http://www.adil75.org ) ou la Confédération Nationale du Logement (www.lacnl.com) ont naturellement pris ce sujet à cœur, mais localement des collectifs se sont aussi créés pour défendre la situation particulière d’un immeuble. Pour sa part, le Collectif des locataires découpés (http://www.federation-locataires-westbrook.org/) fédère toutes les associations locales et les relie pour partager l’information. Mais les associations font avec les infos qu’elles glanent ici ou là et rien ne vaut l’avis d’un avocat à qui l’on aura soumis les bons documents. A y regarder de plus près, celui des avocats qui avait été le plus prudent confirme la négation de notre droit de préemption : « La lettre du propriétaire est viciée sur la forme et sur le fond, il faut qu’il régularise la mise en place du droit de préemption car on est de toutes façon dans un cas de vente à la découpe dans la mesure où il a acheté à un même propriétaire l’ensemble des lots et où il vend par lots plus de dix logements ».Une fois ces réseaux établis, il nous reste à réunir tous nos copains de galère.
Sophie Caillat
22:20 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note





















