05.09.2006
épilogue 2
A voir le nouvel appartement dans lequel nous sommes installés, beaucoup font la remarque : "finalement, cette histoire de vente à la découpe, ça c'est très bien fini, vous avez vraiment gagné au change !"
C'est sûr que quitte à partir avec des indemnités, autant les investir dans le bien-être qui rattrapera ces mois désagréables, et quitte à ne pas pouvoir s'acheter un bel appart, autant s'en louer un qui nous plaise vraiment.
Mais je ne veux pas pour autant que certains se disent : "quelle bonne affaire d'être découpé, le locataire s'en sort forcément gagnant". Quelques précisions s'imposent donc : si la somme que nous avons empoché peut paraître importante, elle n'est qu'une goutte d'eau par rapport au bénéfice que va rapporter cette opération au découpeur. Je l'ai estimé à 1% de sa plus value globale. Mettons qu'il parvienne à mettre dehors tous les locataires, avec des indemnités variant de 3 à 20 000 euros, il lui en coûtera au total autour de 10 à 15% de sa plus-value. Mais le gateau à se partager entre associés dépassera encore le million d'euros, et très largement.
S'il avait respecté la loi, le découpeur aurait dû nous proposer d'acheter notre appartement en priorité. Nous aurions alors pu négocier une baisse de son prix de vente estimée par les spécialistes à 20%, ce qui nous aurait fait gagner sur la vente le double des indemnités avec lesquelles nous sommes partis.
De plus, si nous avions refusé l'achat mais étions restés jusqu'à la fin de notre bail, soit encore deux ans, il aurait pu vendre l'appartement occupé mais avec une décôte liée au fait qu'il ne soit pas libre immédiatement et que son loyer ne puisse être révisé. Cette décôte peut elle aussi aller jusqu'à 20% de la valeur du bien, surtout si nous avions mis de la mauvaise volonté à autoriser les visites et si nous étions devenus procéduriers sur les modalités de la vente.
Enfin, ce n'est pas nouveau mais "le temps c'est de l'argent", et lorsqu'on emprunte des millions d'euros à la banque, les intérêts font vite monter la facture. Chaque mois qui rapproche de la vente d'un lot et donc de la diminution des encours bancaires est une promesse d'économies.
Donc en partant vite, nous lui permettons de vendre vite et sans encombre, au prix qu'il veut c'est à dire au plus haut. Cela n'est finalement pas cher payé. Alors on peut toujours se dire qu'on aurait obtenu le double, le triple si l'on avait décidé de l'emmerder jusqu'au bout, mais là je dois avouer que mes élans de passionaria de l'immobilier ont trouvé leurs limites. Je n'avais pas envie de mettre un enfant au monde dans ce contexte là. "C'est vous qui connaissez le prix de votre tranquilité", m'avait toujours prévenue le délégué de la CNL. Qui aurait bien aimé que l'on pousse la lutte un peu plus loin.
Sophie Caillat
20:15 Publié dans "Comment je me suis fait découper" | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note






















Commentaires
Votre article sur le problème de la découpe par lots des immeubles est fantastiquement français.
Vous êtes satisfaite d'avoir gagné de l'argent, mais ce qui vous ennuie c'est que cela en arrange aussi un autre.... C'est bête et puéril comme raisonnement.
Nous sommes le pays du G8 qui perd le plus d'influence et de richesses mais nous nous en moquons car nous sommes tellement plus intelligents et les ricains, schleus, rosbifs....sont si grossiers, incultes, égoistes, inconséquents.
Nous nous vautrons et en plus nous en sommes fiers l'important n'étant pas que nous chutions mais que les autres soient encore moins bien que nous (du moins une minorité d'abrutis bobos parisiens le pensent)
Ecrit par : Pierre | 10.01.2007
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